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Rapport du SGIFR : en 2025, 8 252 feux ruraux au Portugal, mais un risque d’incendies extrêmes

Pompière en tenue examine une carte de feux de forêt dans une tour d'observation en milieu rural.

Le rapport du Système de Gestion Intégrée des Feux Ruraux (SGIFR), rendu public ce lundi, indique que l’enjeu n’est plus tant le volume d’incendies que la capacité de certains d’entre eux à basculer vers des phénomènes extrêmes et très complexes. En 2025, le Portugal a comptabilisé 8 252 feux ruraux, soit le troisième total le plus bas depuis 2001.

Selon ce rapport du SGIFR, l’ensemble des incendies ruraux observés l’an dernier correspond à « une baisse de 16% par rapport à la moyenne 2018-2024 et d’environ 65% relativement à la période 2001-2017 ». En 2017 - année où 119 personnes sont mortes dans des feux de forêt - 21 006 occurrences avaient été enregistrées, d’après la base de données statistiques Pordata.

Pour l’Agence pour la Gestion Intégrée des Feux Ruraux (AGIF), qui a produit le rapport, « le principal défi du système a cessé d’être le nombre élevé d’occurrences et s’est déplacé vers la prévention et la gestion d’un petit nombre d’incendies extrêmes : seulement 44 incendies ont été responsables d’environ 91% de la surface brûlée nationale ».

Dans le document remis le 30 juin au Gouvernement et à l’Assemblée de la République, l’AGIF précise que les feux d’une superficie égale ou supérieure à 1 000 hectares « ont représenté 87% de la surface brûlée totale » en 2025. D’après les spécialistes, ces résultats montrent que « l’efficacité du système dépend, dans une large mesure, de la capacité d’extinction en phase initiale et est fortement dominée par des événements extrêmes ».

Moyens spécialisés

Face à la « concentration croissante de la surface brûlée sur un petit nombre d’incendies » au Portugal, l’organisme chargé de planifier, coordonner et évaluer le SGIFR estime nécessaire de renforcer la qualification des moyens spécialisés, « l’interopérabilité des systèmes et l’utilisation de techniques spécialisées de suppression ». L’AGIF préconise aussi d’accélérer la « transformation du territoire, la valorisation économique des espaces ruraux, la restauration des zones brûlées et l’extension de la sylviculture préventive, du pâturage extensif et de l’usage du feu bénéfique », afin de diminuer la charge en combustible.

Considérée comme l’une des années « météorologiquement les plus sévères des dernières décennies », 2025 a totalisé environ 271 000 hectares de surface brûlée. Il s’agit du quatrième niveau le plus élevé depuis 2001. Le seul mois d’août a vu 217 455 hectares partir en fumée, confirmant que des « événements extrêmes de courte durée peuvent déterminer une grande partie de la surface brûlée annuelle, surtout lorsqu’ils coïncident avec des périodes de chaleur intense, de faible humidité, de vent fort et de forte disponibilité en combustible », selon l’AGIF.

Sur un mois comme août l’an dernier, on observe une « accumulation d’occurrences », avec des contraintes opérationnelles « en matière de rotation des équipes et de logistique associée aux opérations », expliquent les auteurs du rapport. L’année dernière, six décès ont été liés à des incendies ruraux : quatre parmi les opérationnels et deux chez des civils. En 2024, le nombre de victimes mortelles s’élevait à 16.

Détails

Réallumages

Entre 2018 et 2025, le taux de réallumages a atteint 8%, au-dessus de l’objectif de 1% fixé par le SGIFR. Sur la période 2010-2017, ce taux se situait à 16%.

Combustible

D’après le rapport publié hier, « environ 196 000 hectares de gestion du combustible ont été réalisés » et 62 opérations intégrées de gestion du paysage étaient en cours d’exécution.

Investissement

L’investissement global du SGIFR a atteint 600 millions d’euros l’an dernier, et près de 54% de la dépense a été consacré à la prévention des incendies ruraux.

Émissions de carbone

Les émissions de carbone dues aux feux ruraux ont atteint 3,6 millions de tonnes en 2025.

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