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Nettoyage des terrains : le délai finit mardi, la GNR compte déjà 122 arrestations liées aux incendies de forêt

Un homme avec un rateau parle avec un garde forestier dans une zone déboisée en forêt.

Le délai accordé pour le nettoyage des terrains dans le cadre de la prévention des incendies ruraux arrive à échéance mardi. À l’approche des contrôles et des verbalisation, les associations de propriétaires demandent une forme de « tolérance », alors que la GNR indique avoir déjà procédé à 122 arrestations pour incendie de forêt.

Bilan GNR : incendies, interpellations et procédures

D’après une source de la Garde nationale républicaine (GNR) citée par Lusa, jusqu’au 28 juin, les forces de l’ordre ont fait état de « 122 interpellés et 781 suspects identifiés, sur un total de 2869 crimes d’incendie de forêt ».

La même source précise que, jusqu’à dimanche, 4091 occurrences d’incendie de forêt ont été enregistrées, contre 2921 jusqu’au 30 mai. À titre de comparaison, sur la période équivalente jusqu’à fin mai 2025, on comptait 795 occurrences.

Par rapport à l’an dernier, le nombre de 122 interpellés dépasse de près d’une centaine les 23 arrestations recensées en 2025. De même, les 781 suspects identifiés étaient alors 384, dans le cadre de 1594 crimes d’incendie de forêt.

S’agissant de la surface brûlée, la GNR indique que, selon des données provisoires, « aux alentours de 14.018 hectares [ha] » ont été consumés. Jusqu’au 30 mai, 10.501,1 ha avaient brûlé, alors que la période homologue de l’année précédente faisait état de 3673,4 ha.

La GNR a également dressé 263 procès-verbaux d’infraction administrative, liés à des brûlages et écobuages ainsi qu’à l’utilisation de machines, contre 361 sur la même période l’an dernier. La baisse du nombre de verbalisations pourrait toutefois s’expliquer par le prolongement du délai accordé pour achever le nettoyage des terrains.

Terrains à débroussailler : signalements et impact de la tempête Kristin

Dans le volet « gestion des combustibles » destiné à prévenir les feux ruraux, la GNR affirme avoir « réalisé 8548 signalements de terrains à nettoyer ». Sur la période comparable de l’an passé, « 10.417 signalements » avaient été effectués. Ces chiffres vont jusqu’au 26 juin, mais renvoient à une situation arrêtée fin avril.

La GNR souligne par ailleurs un « renforcement » de son activité à la suite de la tempête Kristin, dans les districts de Leiria, Castelo Branco, Coimbra et Santarém. Jusqu’au 30 mai, « environ 3300 signalements » de charge combustible ont été enregistrés, ce qui porte à au moins 11.848 le nombre de terrains restant à nettoyer.

FNAPF et Luís Damas : appel à la tolérance avant les amendes

Pour Luís Damas, président de la Fédération nationale des associations de propriétaires forestiers (FNAPF), le délai de nettoyage « est toujours court », notamment en raison des périodes de précipitations et du manque de main-d’œuvre. Il assure toutefois que les propriétaires sont en train d’effectuer les travaux et que, sous l’effet des contrôles de la GNR, « ils vont respecter » l’obligation.

« Ce qui nous inquiète, ce sont les zones qui ne sont pas faites, mais ceux qui remplacent [les propriétaires], c’est dans la loi, ce sont les municipalités. Bien sûr que les municipalités, beaucoup n’ont même pas la capacité de faire leur propre travail, encore moins de faire celui des propriétaires », a-t-il déclaré.

Tout en reconnaissant qu’« il y a déjà un apprentissage d’une année à l’autre », il a relevé que, cette année, les tempêtes « ont aussi mobilisé des ressources et déplacé beaucoup d’entreprises et de moyens pour intervenir » dans les zones touchées, notamment pour des « dégagements de routes ». Selon lui, des entrepreneurs et prestataires qui réalisaient habituellement ces opérations avant l’été ont été mobilisés ailleurs.

« Il y a beaucoup de travaux qui vont encore se poursuivre ; ce que nous demandons, c’est que [...] surtout la GNR, que les personnes qui ont déjà dit qu’elles allaient le faire ne soient pas verbalisées tout de suite le jour 1 [juillet], mais qu’on leur laisse encore du temps pour régler le problème », a insisté Luís Damas.

À défaut, a-t-il ajouté, une verbalisation implique le paiement d’une amende, et certains pourraient ensuite ne plus avoir les moyens de financer le débroussaillement, ce « qui est mauvais pour tout le monde ». Il rappelle que le nettoyage ne vise pas à rendre la forêt rentable, mais constitue « une charge » liée à la détention de parcelles rurales.

Dans cette logique, il demande « de la tolérance et de la pédagogie. Les personnes, celles qui ont été signalées, vont faire [le nettoyage] à coup sûr ». Il affirme qu’au sein des structures associées à la FNAPF, une part importante des travaux est déjà contractualisée, et que les équipes de sapeurs forestiers et les entreprises ont encore « beaucoup de travail en portefeuille ».

Luís Damas évoque aussi une autre contrainte : la limitation des travaux jusqu’à 11 heures en raison du risque d’incendie, même si, dans certains cas, il est possible de demander une prolongation sous plusieurs conditions de sécurité.

Le Gouvernement a prolongé jusqu’au 30 juin, sur l’ensemble du territoire national, le délai pour les opérations de gestion des combustibles sur le réseau secondaire, dans le cadre des mesures de prévention des incendies ruraux. Dans un premier temps, la prolongation ne s’appliquait qu’aux communes couvertes par une déclaration de calamité, après les tempêtes de janvier et février.

« Notre objectif n’est pas l’amende en elle-même », a assuré une source de la GNR, en soulignant que, face à la hausse annoncée des températures, il convient de mesurer l’importance du nettoyage et de l’usage de machines durant les périodes à risque d’incendie.

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